Mission Europa et Bassas da India – Juin 2006

attente vidéo
Missions scientifique Eupora 2006 à Madagascar avec le voilier Antsiva
Stéphane Ciccione
Tortues marines

Europa est le site le ponte le plus important du Sud Ouest de l’océan Indien avec plusieurs milliers de femelles de tortues vertes Chelonia mydas qui viennent y pondre. Si le pic de ponte est en décembre/janvier, les femelles montent sur les plages toute l’année. Mais c’est Europa comme site d’alimentation pour les immatures qui est le sujet d’étude. Le lagon intérieur et sa mangrove abritent des tortues vertes et imbriquées « Eretmochelys imbricata ». L’objectif est d’étudier les tortues dans cet habitat particulier. Nous devons réaliser des prélèvements de tissus pour analyse génétique sur 30 immatures de « Chelonia mydas » et 10 « Eretmochelys imbricata ». Nous avons fait venir deux canoës pour nos déplacements dans la mangrove.

Ces canôes savéreront particulièrement adaptés en raison de la faible hauteur d’eau dans le lagon, et du marnage important. Chaque bras de mangrove, même les plus étroits seront explorés. Et nos observations dépasseront ce que nous avaient laisser entrevoir nos premières missions dans les années 90.
Les tortues trouvent dans le lagon et notamment dans les chenaux de la mangroves, le gîte et le couvert. La faible profondeur limite les incursions des gros requins, que nous n’observerons qu’en début de mission avec des coefficients de marée importants. Les herbiers de phanérogame (5 espèces ont été observées) permettent aux juvéniles de tortues vertes de se nourrir. Leur nombre est impressionnant.
A u cœur de la mangrove nous découvrirons un réseau hydrologique particulier dans lequel se concentrent les tortues imbriquées. Mais, cela est une autre histoire…

Les Hydraires Ecomar /

Quel bonheur d’emprunter avec cette magnifique goélette la passe Nord du Grand Récif de Tuléar quelque 40 ans après mon 1er séjour ici comme jeune étudiante de la Station marine de Marseille, prenant l’avion pour la 1ère fois de sa vie ! Et de filer bon vent avec Antsiva, d’abord vers Europa, puis vers Bassas.
L
a confiance est établie très rapidement, car comment ne pas être en admiration devant l’adresse de l’équipage en cours de chemin comme à l’approche des îles ? Les enfants eux-mêmes participent à la vie du bord, et avec quelle adresse Lou et Rafaël nous ont-ils piloté sur l’annexe !
Pour moi, c’est une première de naviguer sur un si beau bateau, toutes voiles dehors… Souplesse de la navigation, efficacité des mouillages, gentillesse des hôtes, excellence de la cuisine, ambiance super amicale de notre groupe pluridisciplinaire,tout cela restera un souvenir inoubliable.

Nous voilà de retour à Tuléar. Notre mission a été fructueuse sur le plan scientifique. Sergueï et moi nous avons, en une semaine , récolté à Europa environ 100 échantillons que nous avons pour la plupart triés à l’aide de loupes binoculaires installées dans la cuisine du Camps Météo, qui nous servait de laboratoire.

Cela nous permet de doubler le nombre d’espèces d’hydraires déjà répertoriés sur Europa (65 espèces). Vu qu’il reste encore de nombreuses zones de l’île à étudier, nous pouvons faire l’hypothèse qu’Europa a une grande richesse spécifique, comparable à celle des îles Juan de Nova et Glorieuses que nous avons déjà étudiée. Par ailleurs nous avons un aperçu sur la répartition des espèces dans le milieu. Les animaux de la zone intertidale, celle qui émerge à marée basse et que nous avons explorée, supportent des conditions environnementales très variables (température, lumière,courants), contrairement à ceux que l’on trouve plus profondément, où les conditions sont plus stables.

Bassas da India n’avait encore jamais été étudiée ! D’où la joie de pionnière qui m’a envahie lorsque j’ai posé le pied à marée basse sur cet anneau corallien fossile qui est totalement submergé à marée haute. Quel dommage que Chloé Bourmaud, ma collègue et amie, n’ait pas été là pour partager cette impression avec moi… Heureusement il y avait Sergueï ! Et sur chacune des zones explorées, ses yeux de myopes ont été excellents pour détecter les petites colonies fixées sur le fond ou sur les petites algues !

Sergey SLOBODOV
Les Hydraires Ecomar

The best and warmest wishes from Sergueï. The memmory and experience from this trip will be forever with me ! This mission was very unexpected for me, but the most importatnt and brightest events in our life happen in this way.
Good luck, happy and good wind !
With love, Sergueï.

Thierry PORTAFAIX
Equipe de tournage - Université de la Réunion

Après l’archipel des Glorieuses en 2004, Europa est la 2ème des îles éparses françaises où nous avons la chance de pouvoir tourner. L’objectif était pour nous de réaliser un documentaire autour de la mission scientifique pluridisciplinaire r éunionnaise, essentiellement orientée par la thématique tortue.
Très vite, la mangrove nous est apparue comme l’axe majeur qu’il nous fallait privilégier. Repérages, capture des tortues, étude des hydraires, analyse de la composition végétale, reconnaissances ornithologiques… nous avons essayé de traiter le plus complètement possible les différents aspects de cette nature remarquable à partir des diverses compétences scientifiques composant cette mission.

Le tournage a été difficile car très aquatique et le matériel a beaucoup souffert. Nous ramenons d’Europa une quinzaine d’heures de rush, à partir desquels nous pensons monter un 26’ sur la mangrove d’Europa et un 10-13 minutes plus directement orienté sur la thématique hydraire de Nicole Gravier-Bonnet.
Les trois membres de l’équipe ont passé un séjour très agréable sur Antsiva et garderons d’Europa un souvenir magique.

Robin ROLLAND
Observations ornithologiques

21 espèces d’oiseaux ont pu être observées au cours de notre périple. Cinq d’entre elles ont été repérées uniquement en haute mer : les Océanites à ventre noir et à ventre blanc (étonnants petits oiseaux pélagiques), la Sterne bridée, un furtif et lointain Puffin, non identifié, et un adulte d’Albatros à cape blanche, très au nord de sa distribution habituelle.
Sur Europa, l’avifaune, bien que peu diversifiée (16 espèces notées lors de notre séjour dont quelques-unes pour la première fois semble-t-il, en référence à la littérature) est cependant exceptionnelle par son abondance et la nature des comportements observés. Les plus remarquables sont assurément les oiseaux marins avec des colonies parmi les plus importantes de l’océan Indien. La Sterne fuligineuse, omniprésente avec ses centaines de milliers d’individus, crée l’ambiance sonore, notamment nocturne, à Europa ! Souvent par couples en haute mer, elles se rassemblent en impressionnantes colonies dans le sud de l’île pour nicher au sol sur les formations herbeuses basses. Cette année, fin mai, les sternes commencent à se cantonner sur leurs futurs sites de reproduction et les comportements agressifs et collectifs vis à vis de tout intrus se développent ! Les Fous à pieds rouges (plusieurs milliers), remarquables par leur livrée soit brune (majoritaire ici) soit blanche, terminent leur phase de reproduction et tous les jeunes sont maintenant volants tandis que les chants des Frégates du Pacifique et ariel, pirates des mers et grandes consommatrices de petites tortues marines, annoncent peut-être une prochaine phase d’accouplement. Prospectant sans relâche l’ensemble du territoire, elles n‘hésitent pas à harceler véritablement les fous de retour de pêche qui finissent alors par régurgiter leurs proies !
Europa abrite également une population importante de Phaétons ou Pailles-en-queue, de 2 espèces différentes, toutes deux piscivores : le Phaéton à brins rouges, le plus robuste, et le Petit phaéton représenté ici par des individus d’une taille moyenne plus modeste et aux rectrices (plumes de la queue) médianes jaunes (et non blanches comme leurs homologues des autres îles). La bruyante Sterne caspienne, au puissant bec rouge, a toujours été vue sur les plages. L’Aigrette dimorphe (avec ses 3 phases : blanche, ardoisée ou grise !) anime les platiers à marée basse, en quête de toute vie dans les flaques, associée à un cortège d’échassiers, migrateurs au long cours (jusqu’en Sibérie !) : Tournepierres à collier qui commencent à arborer leur plumage nuptial, Courlis corlieux au bec arqué typique et rares Pluviers de Leschenault encore en livrée hivernale. A noter l’observation étonnante d’un Flamand rose en vol au-dessus de la mangrove le 26 mai !
Enfin, côté terrestre, il faut souligner la présence d’un petit passereau, le Zosterops ou « oiseau-lunette », endémique de l’île, abondant et présent dans tous les milieux (zones herbeuses, buissons, boisements à Euphorbes et même mangroves), du Corbeau-pie, charognard opportuniste, et de la Chouette effraie dont le rat noir constitue probablement la proie favorite.
Tout un monde en somme, mais à l’équilibre fragile qu’il convient de préserver absolument !

Vincent BOULLET
Conservatoire Botanique National de Mascarin

Comme toutes les îles océaniques, Europa est une destination difficile à atteindre pour les plantes qui ne disposent pas de moyen propre de déplacement. Courants marins, vent, oiseaux sont les seuls moyens de dissémination passive qui permettent l’arrivée de semences, boutures.. sur ces terres isolées. Mais, Europa est une rebelle à la colonisation : émergence récente des terres (quaternaire), courants marins peu favorables, climat subaride, substrat de calcaire corallien érodé en lapiaz, absence de sols évolués en ont singulièrement limité le peuplement végétal… Peu d’élus parmi les végétaux ont donc résolu cette implacable équation insulaire : arriver, germer, s’implanter, c’est-à-dire croître et se reproduire… Le peuplement naturel en plantes vasculaires ne dépasse pas quarante espèces…
L’homme, notamment à l’occasion de ses implantations durables dans l’île (exploitation du Sisal au début du XXe, installation de la station météo, des pistes d’aviation et du camp militaire) a amené avec lui un contingent presque égal de plantes introduites.
A la suite de courtes visites de quelques botanistes et naturalistes à Europa, 46 espèces de plantes vasculaires ont été observées depuis près d’un siècle (les premières données datent de 1904). La mission Europa 2006 a permis d’inventorier près de 70 espèces au total (donc environ 25 nouvelles pour l’île, des chiffres plus précis dépendant de l’examen d’un certain nombres de plantes critiques) et de corriger certaines déterminations préalables. En outre, elle a permis de découvrir les deux premières fougères de l’île (2 espèces d’Ophioglosse). Mais elle a surtout permis la première description et monographie de la végétation de l’île (202 relevés phytosociologiques et nombreux transects de végétation réalisés), dont on peut extraire les traits essentiels suivants :
– faible diversité de plantes, mais grande variété d’habitats, notamment de sansouires et de steppes saumâtres
– fortes affinités de la flore naturelle d’Europa avec la flore des régions subarides de Tuléar qui ont dû constituer la source du peuplement végétal naturel de l’île ; influences probables des autres îles Éparses dans les introductions de plantes , notamment au niveau de la piste actuelle d’atterrissage ;
– bon état général de conservation, à l’exception des forêts subarides intérieures à Euphorbia stenoclada, qui ont considérablement souffert des feux et des défrichements ;
– menaces d’invasions végétales apparemment faibles et limitées actuellement aux espaces perturbés par l’occupation humaine, impact actuel des chèvres encore difficile à cerner, mais probablement plus fort sur les espaces anthropisés que sur les végétations naturelles…

22 mai dans l’après-midi, rendez-vous à Tuléar, tout au bout du quai, derrière une montagne de bagages. Nous y retrouvons Jérôme qui nous présente l’équipe.

Au total 9 personnes participent à cette mission. Dans l’ordre d’apparition des photos :

  • Stéphane et Jérôme, organisateurs de la mission et qui étudient les tortues,
  • Nicky et son assistant russe Sergueï qui se passionnent pour les hydraires,
  • Robin qui s’intéresse plus particulièrement aux oiseaux mais travaille également avec Stéphane et Jérôme sur les tortues,
  • Vincent, le botaniste qui est chargé de répertorier les différentes espèces de végétaux présents sur lîle d’Europa
  • et enfin, Serge,Thierry et Manu qui sont les trois cameramen chargés de tourner le film de la mission.

(Sur la photo de groupe il ne manque que Serge qui, quelque peu indisposé lors de la traversée a préféré se faire porter pâle !

A peine les formalités administratives accomplies, nous quittons Tuléar à la voile. Les 15 à 18 noeuds de vent de travers par une mer formée nous permettent de tenir une bonne moyenne.
Dès le deuxième jour de navigation et malgré les embruns, l’équipe de tournage se met au travail. Les caméras et les micros sont sortis et chaque scientifique explique dans ce premier interview les différents objectifs de cette mission.

 

Antsiva trace son sillage et progresse tellement bien que c »est avec 10 heures d’avance que nous atterrissons à Europa par une nuit sans lune. Dans l’obscurité presque totale, nous jetons l’ancre à quelques mètres seulement du récif et nous attendons le lendemain matin pour accéder au mouillage principal devant la station Météo.

Nous ferons un premier séjour de 5 jours à Europa pendant lesquels nous ne reverrons qu’épisodiquement notre botaniste Vincent qui, pris en charge par Olivier, le gendarme d’Eruopa, crapahute des journées entières à travers l’île à la recherche de nouvelles plantes à répertorier.
Le groupe « tortue » se met en place et définit les objectifs : 30 tortues vertes devront être baguées ainsi que 10 imbriquées.
Le groupe « hydraire », après avoir installé un laboratoire dans la cuisine du gendarme partage son temps entre la recherche et la collecte d’hydraires sur le platier et le travail d’étude au labo. Serguei a une méthode de collecte plutôt amusante : allongé à plat ventre, il plonge sa tête dans les moindres flaques et trous d’eau et en ressort triomphant, un pâle et minuscule hydraire au bout des doigts.
Robin, quant à lui, part à la recherche de « l’oiseau rare » ou se joint au travail de l’équipe « tortue ».
Enfin, les cameramen accompagnent l’un ou l’autre des groupes selon leur besoin d’images.

 

Sur l’île d’Europa, le lagon couvre une surface de quelques 900 hectares dont 700 hectares d’une magnifique mangrove.
C’est donc dans cette mangrove que Stéphane et Jérôme vont concentrer leurs efforts. Pagayant sur leurs canoës au milieu des palétuviers, ils sont toujours prêts à plonger pour attraper une des nombreuses tortues qui nagent à côté d’eux. Une fois capturée, la tortue sera baguée, mesurée, répertoriée et fera l’objet d’un prélèvement d’ADN.
Dans leurs pérégrinations, nos deux scientifiques sont accompagnés par une ou deux annexes qui transportent le matériel ou l’équipe de tournage. Celle ci aura parfois quelques difficultés à progresser en raison de la très faible profondeur du lagon ; plus d’une fois, les annexes resteront plantées et ont du être tirées, poussées, portées… alors que les légers canoës jaunes se faufilaient sans soucis dans quelques centimètres d’eau !
Ce qui frappe en premier au cœur de cette mangrove c’est l’étonnante clarté de l’eau. Et puis, d’un bras à l’autre le paysage n’est plus le même : les grandes étendues de sable fin font place à un chenal parsemé de patates de corail, puis c’est la découverte d’une clairière d’où émergent d’irréelles sculptures de corail fossile. Cette diversité associée à la pureté du site ménagent des instants magiques de pur bonheur.

Au cours de l’exploration, l’équipe découvrira une résurgence, véritable poumon intérieur de la mangrove. Des failles apparaissent communiquant avec la haute mer par voie souterraine. A marée descendante, la mer est engloutie par ce puits naturel, créant un rapide sillonnant entre les roches fantomatiques du corail fossile. C’est aussi le site de concentration des tortues imbriquées. Sur les 14 baguées 12 en seront issues.

Le 28 mai, départ à la tombée de la nuit pour l’atoll de Bassas da India situé à une soixantaine de milles au Nord Ouest d’Europa.
Très peu d’études ont été effectuées sur cet atoll et l’objectif de la mission est d’aller faire un repérage.
Le vent est tombé, c’est au moteur et poussé par le courant que nous glissons vers l’atoll. Ici, peu de repère visuel. Un simple annneau coralien qui entoure un lagon couleur vert turquoise.

Arrivé sur le site nous notons une très grande différence entre les coordonnées GPS et les informations de la carte marine (pour obtenir les coordonnées à inscrire sur la carte, il faut additionner à la lecture GPS en Latitude (+) 2’045 et en Longitude (-) 1’160).
Sur Bassas da India, la couronne du récif est accore et tombe directement sur des fonds de 3000 mètres, ce qui rend particulièrement difficile la recherche d’un mouillage. Enfin, nous jetons l’ancre par 20 mètres de fond, mais le récif n’est qu’à 40 mètres du bateau ! Les quarts de mouillage s’imposent donc en prévision d’une éventuelle renverse du vent.
Dans la journée, le vent monte jusqu’à 25 noeuds et se maintiendra pendant tout notre séjour.
Pour les cameramen, il n‘y a pas grand chose à filmer. De l’eau tout autour, ça manque de diversité !!
En fait, tout se passe sur le platier coralien et sous l’eau.
Nicki est toute excitée car aucun hydraire n’a jamais été répertorié sur ce site. Tout est donc à découvrir !
Et c’est cette vision étonnante que nous offrent Nicki et Sergueï : seuls au milieu de l’océan, ils cherchent des hydraires, penchés sur un bout de corail à peine découvert à marrée basse. Des trous d’eau ont retenu des poissons perroquets, et, tell Tarzan, le couteau entre les dents, Sergueï les attaque sauvagement et nous fournit le dîner du soir.

Après une rapide investigation du lagon, d’ailleurs bien agité, les scientifiques ne repèrent aucune tortue et décident alors de prgrammer pour le lendemain une exploration du tombant en plongée bouteille.
En attendant ce moment fort, nous organisons à l’arrière du bateau une partie de pêche, mais il est bien difficile d’éviter les nombreux requins qui tournent sans arrêt autour du bateau et qui sont décidément très intéressés par nos appâts. Nous faisons tomber la ligne sur le fond et, une fois le poisson ferré, c’est la course contre les requins qui finissent souvent par nous voler notre prise et se font prendre eux même à l’hameçon. Impossible gaffer notre requin tant sa peau est dure (notre ttrident va en faire les frais !) et c’est Tombo qui le remontera à bord en le prenant au lasso. Il sera cuisiné le jour même et pour la majeure partie de l’équipage, ce sera une première.
Le lendemain matin, Stéphane, Jérôme, Robin et Nico partent pour une plongée en bouteille qui restera gravée dans les annales.

Dans 20 mètres d’eau, à la limite du tombant, ils observent de nombreux poissons qui se démarquent par le gigantisme de leur taille, en particulier des carangues et des mérous de toutes sortes, dont un mérou patate de plus de 100 kgs qui suivra toute la progression des plongeurs. Ils captent l’attention d’une bande de 8 requins pointe blanche ainsi que d’un requin gris. Ils rencontrent aussi de nombreux et énormes perroquets ainsi que des napoléons et une myriade de poissons de récif. Un véritable festival dont ils en resortent tous éblouis et émerveillés !

Déjà deux journées passées à Bassas da India et il faut penser à rentrer pour finir le programme prévu sur Europa. Pas de chance, le vent établi autour de 25 nds arrive pile en face et il nous faudra louvoyer pendant 24 heures dans une mer formée pour revenir à notre point de départ.

Après les derniers plans tournés dans la mangrove, toute l’équipe se dirige en tracteur au sud de l’île où un bivouac est prévu sur la plage. (attention aux attaques des moustiques à la tombée de la nuit)
C’est le grand rendez-vous avec les sternes. Tous les ans, à cette période, un million de couples, soit quelques deux millions d’individus viennent se reproduire sur ce petit bout de terre en plein milieu de l’océan indien. Tout commence par la parade amoureuse où les couples se forment en plein vol et poursuivent ainsi leur ronde incessante dans le ciel pendant plusieurs semaines. Puis, chaque couple se posera à terre pour la ponte, investissant ainsi chaque touffe d’herbe. Mais pour le moment, la parade amoureuse bat son plein. Le ciel est noirci de « kilomètres » de sternes et les cris continuels des oiseaux sont assourdissants. Au milieu de ces nuages de volatiles, nous notons déjà la formation de couples : ceux ci ont la particularité de voler toujours à deux. Nous nous arretons pour les observer, mais certains ne semblent pas apprécier notre présence et volent de plus en plus bas en émettant des cris significatifs. C’est à la fois terriblement impressionnant et magique. !
Là bas, l’équipe découvre également le « cimetière des tortues » : c’est une grande dune de sable sur laquelle de nombreuses tortues se sont laissées piégées. Epuisées par la ponte, les tortues ne parviennent pas à escalader la dune et meurent de déssechèment avant d’avoir rejoint la mer.
La plage sud est ouverte aux vents dominants et recueille naturellement de nombreux débris. Deux épaves de chalutiers semblent être la pour rappeler la fragilité des constructions humaines face à la férocité des éléments. La soirée se passera autour du feu de camps et la Vodka apportée de Russie par Sergueï sera bien appréciée.
Le lendemain matin, le retour se fera à pied le long de la plage Ouest. Pendant ce temps à bord d’Antsiva, cinq wahous seront pêchés (dont un de 1.50 mètres) pour approvisionner le détachement militaire dont le séjour vient d’être prolongé sur l’île.
Après le déjeuner, les 14 militaires qui ont accueilli l’équipe et facilité les nombreux déplacements dans l’île avec beaucoup de gentillesse montent à leur tour à bord d’Antsiva.
Ils vont tenter de battre le record de pêche du plus gros requin (record détenu par l’équipe précédente avec un requin de 2,65m). Un premier requin mordra à l’hameçon sans se ferrer. Dommage, il s’agissait d’un requin marteau particulièrement imposant ! Et c’est quelques minutes avant leur départ que nous remontons un mérou de plus de 40 kg, une belle pièce que nos militaires cuisineront à terre le soir même.
Nous sommes déjà le 3 juin au soir, et il est temps pour Antsiva et la mission de lever l’ancre. Une navigation ventée et pluvieuse sera notre lot jusqu’à Tuléar. A bord cependant la vie s’organise entre le repos (un peu forcé) pour les uns et les parties de tarots bruyantes et acharnées pour les autres.
Nous atteignons le port de Tuléar le 5 juin au matin et certains ne sont pas mécontents de retrouver le plancher des vaches !

L’équipage d’Antsiva tient à dire un grand merci à l’ensemble de l’équipe qui a su, par sa gentillesse, sa gaieté et sa patience, faire participer les néophytes que nous sommes à leurs aventures. Chacun dans son domaine a su faire partager sa passion et c’est riches de ces nouvelles connaissances et la tête pleine d’oiseaux, de tortues, d’hydraires et de plantes que nous poursuivrons notre route.
Jérôme, Stéhpane, Robin, Nicki, Serguei, Vincent, Serge, Thierry et Manu. Merci.

Articles liés

No results found

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fill out this field
Fill out this field
Veuillez saisir une adresse de messagerie valide.