Mission Madagascar / Juan de Nova – 2007

attente vidéo
visage madagascar
Stéphane Ciccione
Directeur de Kélonia

« Lorsque j’ai remis les pieds sur le bateau, les images de la mission  précédente sont revenues. La mission à venir sera-t-elle aussi  réussie?. Hé bien ce fut le cas. Il reste de beaux endroits sur notre  planète, et de bien belles personnes avec qui partager des moments  privilégies, du miel sombre, un coucher de soleil improbable, des fruits sauvages ou une assiette en bois. »

Patrick Durville
Aquarium de la Réunion

Il fait nuit sur le pont…j’aime ces instants… suspendu sur le miroir des étoiles. Instants magiques, instants de vérité, instants de découvertes de partages et d’amitié, instants de réflexion, instants hors du temps. Petit cadeau de la vie qui donne envie de recommencer encore et encore. C’est sûr, dès que le vent soufflera je repartira

Hendrick SAUVIGNET
Consultant environnement marin – OCEAN’OBS (www.ocean-obs.com)

Pour un passionné de voile et de voyage, partir en mission sur Antsiva, du Nord de Madagascar à Juan de Nova, s’apparente à un rêve éveillé…
Petit retour en arrière : L’aventure a commencé lundi 28 mai, dans le bureau de Stéphane à Kelonia : « Hendrik, il y a une place sur Antsiva pour la mission à Madagascar et Juan de Nova ; on part demain, ça te dit ? »
Notre mission : attraper de jeunes tortues imbriquées sur la côte nord-ouest malgache, puis de jeunes tortues vertes dans le lagon de Juan de Nova. Chaque tortue sera mesurée, baguée, photo-identifiée, et nous prélèverons un petit bout de chair sur une nageoire pour analyse génétique.
Le but de cette mission : déterminer l’identité génétique des tortues marines présentes sur la côte malgache et dans le lagon de Juan de Nova.
Le lendemain, après une nuit courte et agitée par l’excitation, nous voilà tous réunis à Nosy Be. Notre joyeuse équipe est composée de 10 scientifiques répartis en 3 équipes : «insektologues », « mini-média » et « turtle-band ».

Franck GRANGETTE
Réalisateur de documentaires basé à la réunion.
Sonia Ribes
Conservatrice du Museum d'Histoire Naturelle de la Réunion

Le jour s’est levé ! sur l’immensité….
Cap sur les îles Radama puis Juan de Nova. Moments rares où la science se construit sur une histoire d’amitié. Rencontres avec les pêcheurs des îles malgaches, qui dans des conditions précaires essaient de survivre…jusqu’à quand ? Requins puis holothuries, les ressources marines s’épuisent. Il est urgent de faire l’inventaire de cette biodiversité si chère. But ultime de notre périple jusqu’à Juan de Nova, découverte une première fois il y a 4 ans, mais trop rapidement. 5 jours nous permettront de sillonner l’île, de prospecter les zones intéressantes…ou du moins ce qui en reste tant les milieux ont été modifiés par l’homme. Présence humaine que l’on ressent si fort à chaque détour de sentier. Histoire dramatique…on s’attend presque à voir la dame blanche errer la nuit, depuis la Résidence Patureau. Une journée à se laisser porter par l’histoire de l’île avec Franck et Thierry à la caméra et Guy mitraillant avec son appareil photo. Rencontre avec les tortues-men sillonnant le lagon. Merveilleux moments d’une plongée en fin d’après-midi sur une épave. Exceptionnels instants d’échanges autour d’une Kaïpirina, à bord de l’Antsiva, sur fond de coucher de soleil sublime…Mission réussie sur tous les plans. Merci à Jérôme de l’avoir organisée. Merci à Henri, Dominique, Stéphane et Hendrik pour leur bonne humeur constante. Merci à Thierry, Franck et Guy pour avoir su immortaliser ces instants. Merci à mon binôme Patrick qui a su si bien passer des poissons aux papillons. Merci à Anne qui m’a réconciliée avec les gâteaux. Merci à Nicolas qui a réussi (presque) à me faire croire que j’étais une navigatrice. Merci à Toumbo qui, mine de rien, s’est plié aux blagues des copains. Et merci à l’Antsiva qui est un super voilier !

Henri Grizel
Délégué régional de l'fremer la Réunion

Cette première expérience sur les eaux du canal du Mozambique s’est avérée très enrichissante tant par les aspects scientifiques, objet de cette mission, que par les côtés humains. Vivre 15 jours à 15 personnes sur un bateau certes confortable mais demeurant une petite île flottante dans un vaste océan a été passionnant. Riche d’enseignements par les discussions croisées entre toutes les personnes, riche par la diversité des collègues scientifiques, chacun prodiguant un savoir et des expériences,
riche par l’exemple de vie qu’offrait Nicolas et sa famille et riche aussi par les connaissance du milieu malgache que nous offraient Tombo.
Chacun à sa manière a apporté sa pierre pour contribuer au succès de cette mission que je n’oublierai pas.
Je n’oublierai également pas ces fabuleux ciels étoilés, ces îles malgaches sauvages, mystérieuses suscitant la curiosité et l’intérêt et enfin je n’oublierai pas la gentillesse des malgaches que nous avons rencontrés. Dans leur dénuement, ils nous ont toujours apporté avec leur gentillesse une leçon de vie.

Dominique Miossec
Attaché scientifique et technique, Ifremer Réunion

Le canal du Mozambique, une goélette d’exception, une côte malgache sauvage et l’île préservée de Juan de Nova : bien plus qu’une mission scientifique, c’est un voyage de rêve auquel j’ai eu la chance de participer (merci Jojo !). Accueillis avec chaleur par l’équipe d’Antsiva, les membres de l’expédition ont su cohabiter avec bonne humeur pour faire de ma dernière mission dans l’océan Indien un souvenir inoubliable. J’en garderai l’image de paysages somptueux et la gentillesse des malgaches… Un grand merci à vous tous et bon vent. Je suivrais vos prochaines aventures sur internet et j’attend avec impatience le super film (sans tache) qui ponctuera cette mission.

Comme convenu, rendez-vous le 29 mai à Nosy be, point de départ de la mission.
Au programme : un itinéraire de cabotage entre Nosy Be et le cap st André sur la côte malgache. Puis le grand saut jusqu’à l’île de Juan de Nova, but ultime de la mission.

Au total 10 personnes vont participer à ce périple, dans l’ordre d’apparition des photos :

Stéphane, Jérome, Henri, Dominique et Hendrick (Kélonia / Ifremer) pour l’étude des tortues marines.

Sonia et Patrick (Muséum d’histoire naturelle de la Réunion) qui vont étudier les insectes.

Et enfin, Frank, Thierry et Guy qui sont chargés decapturer de belles images et de tourner les filmsde la mission.

Mercredi 30 mai

Tany Kelly sera le premier contact maritime avec Madagascar. L’équipe de Kélonia assure dès le premier jour avec 20 tortues baguées et échantillonnées. Même si le spot est touristique, il reste une réserve marine d’excellente qualité. Nous profitons du déjeuner pour nous rendre sur le second site : l’île d’Ankazoberaviva. Cet îlot brassé par les courants abrite un petit hôtel et donne l’occasion à nos cinéastes d’interviewer le responsable sur ses positions face à la protection de l’éco-système tortue. Arrivés à la nuit au mouillage de la baie des Russes, nous n’aurons pas le temps de nous rendre sur les herbiers.

Jeudi 31 mai

Le second jour, malgré de violentes pluies, nous avons rendez avec la splendide Nosy Iranja, qui, une fois n’est pas coutume, devra dévoiler ses charmes sous un ciel très bas. Kelonia y a établi des contacts et c’est donc l’occasion de récupérer les échantillons collectés par Ignace, le « monsieur tortue » de l’hôtel. Nous décollerons de l’île juste à temps pour nous rendre à Barahamamay. Ce mouillage situé dans l’embouchure d’une rivière, outre son cadre enchanteur, est un point de départ idéal pour aller à la rencontre d’une mangrove authentique et préservée de toute manipulation humaine : ici c’est pollution zéro. C’est avant tout un lieu d’écloserie, mais c’est aussi l’habitat privilégié des échassiers et des martins pêcheurs.

Vendredi 1er juin

Le troisème jour nous mènera jusqu’à l’archipel des Radama et Kalakajoro en sera la première île visitée. Géographiquement c’est l’île la plus haute de l’archipel, mais économiquement elle est surtout réputée pour ses chantiers navals.
On y construit des boutres et des belles pirogues.
L’île abrite également un village temporaire de pêcheurs de « dinga dinga ». Ceux ci s’installent ici pour une période déterminé, le temps pour eux de ramasser un maximum de concombres de mer qui seront ensuite vendus (très chers) à des chinois.
L’exploration sous-marine s’avérera un peu décevante.
Puis, à la faveur de la nuit, équipés de projecteurs puissants, Sonia et Patrick tendent un grand drap blanc sur la plage pour chasser les inscetes. Ils reviennent chargés d’une multitude d’échantillons.

Samedi 2 juin

Après un dernier contact avec le chantier naval, mais cette fois accompagnés de notre marin Tombo qui se charge de la traduction, nous mettons le cap sur notre seconde île des Radama  » Antany Mora ». Cette île abrite une petite unité touristique qui reçoit essentiellement des amateurs de pèche au gros ainsi qu’un village vivant principalement de l’exploitation de holoturies. L’équipe Kélonia / Ifremer revient satisfaite d’avoir pu échantillonner des Tortues Imbriquées et une belle Tortue Chelonia midas de 105 cm de carapace.

Dimanche 3 juin

C’est à 4 heures du matin que nous quittons cette superbe île pour notre prochaine étape : la baie de Moromba. Navigation un peu musclée, au prés serré avec 30 noeuds de vent établi. Antsiva avec sa carène toute propre renoue avec la vitesse. Quel plaisir !
L’approche à marée basse ainsi que le choix du mouillage nous oblige à relever la quille et nous jetons l’ancre dans 3m d’eau. Nous découvrons les criques caractéristiques bordées de baobabs. Les roches, sapées à leur base forment d’immenses champignons dentelés.
Pendant que Sonia et Patrick courent après les insectes et les papillons, l’équipe de tournage prend des contacts avec les pécheurs locaux pour les accompagner dans leurs activités dès le lendemain matin. Quant à l’équipe Tortue, elle prospecte la baie à la recherche de sites de ponte éventuels.

Lundi 4 juin

Ce matin, dans la baie de Moromba, le vent souffle fort et sans arrêt et c’est sur cette mer bien vivante que nos scientifiques et nos caméramen vont suivre les pêcheurs de « dinga dinga » pour filmer leur pêche quotidienne.
Chargée d’images, l’équipe arrive juste à temps pour parcourir les 300 milles qui nous séparent de Juan de Nova, notre prochaine étape. Bien protégé par la côte malgache, le bateau s’envole sur une mer calme et avec 15-16 nds de vent, nous maintenons une vitesse de 10 nœuds une bonne partie de la nuit. Dans la matinée, Eole prendra un peu de repos pour revenir en force et dans la direction opposée en milieu d’après-midi. Ce sont des conditions de mer idéales ou chacun prend la pleine mesure du bonheur de naviguer à la voile à bord d’Antsiva.

mercredi 6 juin

Nous traçons tant et si bien que nous arrivons en début d’après-midi. Pascal (le gendarme) Fabrice (le chef) et Cédric (son second) nous accueillent chaleureusement. Une fois établie qu’il s’agit bien des personnes attendues, ils vont se mette en 4 pour aider toute l’équipe dans leurs différentes tâches

7, 8, 9, 10, 11 juin

Pendant ces 5 jours chacun vaquera à ses occupations. Charge à Antsiva d’assurer la logistique. Quelques flashs pour décrire cette magnifique île : Tout d’abord, ces plages à l’eau turquoise et tellement cristallines. Ces explosions de couleurs que l’on croirait presque iréelles au coucher du soleil. Ces sentiers (très bien entretenus par les militaires) qui serpentent sous les forêts de filaos.
Sonia, Patrick et l’équipe vidéo débarquent à terre afin d’optimiser au maximum leur temps de recherche. Ils s’installent chez le gendarme et parcourent l’île en long, en large et en travers afin de collecter un maximum d’échantillons.
Pendant ce temps, l’équipe Tortue chasse sur la partie sud de l’île. D’abord à pieds, la chasse se révélera beaucoup plus efficace à partir de l’annexe. Jérome, Stéphane et Hendrick se relaient pour effectuer de magnifiques plongeons et capturer les tortues qui seront ensuite baguées et prélevées génétiquement. Au total, 23 tortues seront ainsi attrapées.
L’équipe Vidéo quant à elle capture des images et essaie de couvrir un maximum de sujets. De l’intérieur de l’île avec son ancienne exploitation de chaux, à la chasse aux insectes ou aux tortues, ils sont partout et parcourent des kilomètres de plage, de dune et de sentier, la caméra sur l’épaule.
Hendrik qui a déjà fait plusierus séjours sur Juan de Nova nous indique une épave immergée au Nord Ouest de l’île.
A marée basse, un morceau de gouvernail dépasse encore de l’eau et les plongées peuvent s’effectuer en apnée dans 6 à 8 m d’eau.
On y retrouve une foultitude de poissons et des colonies de coraux ont envahi de nombreuses parties de l’épave.
Les observations sous-marines varient en fonction de l’horaire et de la marée. Les plongeurs de l’après-midi ont de forte chance de rencontrer des prédateurs : les requins ainsi que des grosses carangues ou des barracoudas sont toujours présents en fin d’après-midi.
Alors que les plongeurs du matin bénéficient d’une luminosité et d’une visibilité supérieure et retrouvent uniquement les habitants habituels du récif avec une vie très riche et très colorée.
Plus l’heure du départ approche plus le vent du sud forci. Si le mouillage subit de plus en plus la houle, il nous promet une belle navigation jusqu’aux côtes malgaches.
Enfin, le lundi 11 tout le matériel est réembarqué à bord et nous quittons Juan de Nova en début d’après midi.
Le vent est au portant et nous pousse rapidement jusqu’au cap St André. Nous finissons au moteur pour faire une arrivée de nuit à Mahajanga.

Le lendemain soir nous nous retrouverons tous autour d’une grande tablée de brochettes sur la promenade du bord de mer de Mahajunga.
Une sacrée bonne ambiance bien à l’image de ses 15 jours de vie commune à bord d’ANTSIVA.
Un grand merci à tous pour ces bons moments.

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