Requins, dauphins et baleines de la côte ouest de Madagascar.

requin

Lieu : Iles Barens

Réalisée en 2017

Mission : Mission BRUVS - Global Fin Print

Chef de mission : Jérémy KISZKA

Reportage

Mission scientifique les îles Barrens – Etude des Requins et Cétacés

Et c’est parti pour une nouvelle mission à bord de l’Antsiva avec une nouvelle équipe de scientifiques

400 miles nautiques et 3 jours de navigation avant d’atteindre les îles Barens.

Sur la route, un stop moteur est prévu pour permettre à Salvatore de déployer un hydrophone. L’endroit se situe 40 milles au large du Cap St André, à la limite du plateau continental. Nous arrivons de nuit sur le point de déploiement. L’appareil est envoyé par 30m de profondeur et  va enregistrer en continu le son de tous les cétacés de la zone. Il sera récupéré dans 8 jours, lors de notre passage de retour.

Pendant la navigation, l’équipe Cétacés ne quitte pas le pont, en observation et en prise de note. L’observation demande une attention toute particulière. La plupart scrutent  l’horizon à l’aide de jumelles, d’autres se postent à l’avant du bateau et observent l’horizon, mais certains ont une manière très personnelle d’observer la mer, on les appelle les dancing brothers.

Et la navigation se poursuit,  chacun trouve son rythme et ses occupations. Outre les observations sur le pont, Il y a la lecture, le travail sur ordinateur, la préparation du matériel et les dernières mises au point, il y a le son de la cloche du bord qui annonce toujours les pauses déjeuners sans oublier les moments de détente autour d’un apéro coucher du soleil.

Nous arrivons sur les Barrens en fin du 3ème jour et dès le matin suivant, l’équipe BRUVS est à pied d’œuvre. Jordan installe les caméras, Tahina part en apnée dans le congélateur pour sortir les 12 paquets de sardines qui vont servir d’appât. Pendant ce temps, sur le pont l’équipage prépare l’annexe qui servira de moyen logistique pour le déploiement des bruvs. Et voilà, c’est parti pour une tournée des Bruvs, au total 6 stations sont à déployer à répéter 2 à 3 fois dans la journée, soit jusqu’à 18 déploiements.

C’est une structure équipée d’un système video en stereo et d’un bras au bout duquel on accroche un appat. Au cours de cette mission, les Bruvs vont servir à enregistrer puis analyser le comportement des prédateurs et des requins en particulier.
Mais voyons comment se déroule une journée type pour l’équipe des Bruvs.

Une fois les waypoints de déploiement déterminés, Jordan installe les caméras sur les stations, puis fixe le bras et  la grille que Chrystelle aura préalablement remplie de sardines Et hop, on balance le tout à la mer et on surveille que la descente s’effectue sans problème. Une fois les 6 stations déployées sur une même zone, il faut attendre une heure … c’est parfois un peu long …. Mais bon au bout d’une heure, action, on retourne sur les bouées de chaque station et on remonte les BRUVS. Une fois les 6 stations remontées, une nouvelle zone d’exploration est déterminée pour un nouveau déploiement.
Et le soir, après une journée d’effort, d’attente et de soleil, Jordan et Marc effectuent  un premier visionnage rapide des enregistrements de la journée.

Comme la mission Barrens est une mission pluridisciplinaire, voyons ce que font les autres membres de l’équipe.

En complémentarité des enregistrements BRUVS, deux autres types de données vont être étudiés : les habitats et la génétique environnementale.

Pour établir une cartographie des habitats associés à la zone étudiée par les Bruvs, deux plongeurs vont effectuer des transects en utilisant un système de caméra vidéo stéréo. Cette méthode permet d’aller beaucoup plus vite, de couvrir une zone beaucoup plus vaste et d’avoir instantanément une vision globale de l’habitat.

Le deuxième aspect étudié en association avec les données Bruvs va être l’étude de l’ADN environnementale.

Tous les organismes vivants laissent dans les milieux qu’ils fréquentent des traces d’ADN qui témoignent de leur présence actuelle ou passée.  Dans ce cas précis, l’objectif est de détecter des traces d’ADN de requins laissées dans l’environnement.

Après prélèvement, les eaux sont immédiatement filtrées sur le bateau. La filtration s’effectue  à travers une membrane qui retient les cellules et les mitochondries libérées par les requins. Les membranes sont ensuite congelées à bord et les  prélèvements seront envoyés au laboratoire pour être analysé.

Côté équipe Cétacés, même au mouillage, les observations se poursuivent sur la seconde annexe. En plus des observations visuelles classiques et la photo identification, Salvatore va effectuer des biopsies sur les dauphins. Cette manip consiste à collecter des petits morceaux de peaux à l’aide de fléchettes tiré avec un fusil à air comprimé. Salvatore et Tahina partent alors à la chase, le premier  équipé d’un fusil, le second muni de son appareil photo vont tous les deux shooter les dauphins

L’archipel des îles Barren composé de 9 îles se situe au sud ouest de la ville de Maintirano. En raison du manque d’eau douce, ces îlots ne sont pas habités mais certains abritent de manière saisonnière des camps de pêcheurs traditionnels. Ceux-ci peuvent y séjourner pendant 9 mois de mars à novembre.

Jérémy est soucieux de partager avec ces communautés locales nomades et chaque escale fait l’objet d’un échange avec les familles de pêcheurs. Nous leur apportons des jerrycans d’eau douce et  ils nous apportent des informations sur leur environnement, sur la présence d’espèces de requins et de cétacés et sur les produits de leur pêche. Les villages sont constitués de huttes sommaires et possèdent de grands séchoirs à poissons sur lesquels on trouve également nombre de requins et raies. Jérémy effectue alors des  prélèvements de chair pour analyse génétique.

Les Barrens constitue une zone très riche en biodiversité marine. Régulièrement, ces pêcheurs se rendent jusqu’à Maintirano pour vendre leur pêche, rapporter de l’eau douce et acheter les produits de première nécessité. Pour toutes ces populations, qui représentent un total de plus de 4000 pêcheurs, l’exploitation de la mer demeure leur seule source de revenus.

Un nouveau modèle de gestion des pêches visant à promouvoir les droits de l’homme et à protéger les zones de pêche y a été développé par WWF Madagascar et est géré par l’ONG BlueVenture

Cette mission sur les îles Barren s’achève. Nous remercions toute l’équipe d’avoir partagé avec nous leur connaissance, leur intérêt et leur passion.

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